Tisser nos pensées pour conserver notre pouvoir de dire

Il y a sans doute de nombreux écrivains de tiroir : des poèmes d’ado, un début d’histoire à jamais interrompue, des velléités de roman inabouties et des journaux intimes oubliés. Pourtant, cet élan d’écriture porte en lui de grandes choses, par le fait même d’exister.

C’est ce que l’auteur pointe du doigt : écrire, même seulement pour soi, ouvre bien des perspectives.

C’est d’abord un acte de création, une façon de manifester son existence.

C’est un refuge qui se bâtit dans la sphère de l’intime.

C’est un acte de mémoire qui permet d’immortaliser un instant. Et réécrire, repasser sur ses propres mots, c’est tendre vers une perfection en affinant les contours d’une réalité, d’un souvenir.

C’est ainsi un outil de compréhension du monde et de nous-mêmes, de clarification et de catharsis : grâce à la mise à distance de la feuille, ce qui est écrit n’est plus tout à fait dans la tête, une façon de tourner des pages, au sens propre comme au sens figuré.

C’est à la fois un acte de pensée mais aussi un acte physique ; le geste de la main dans l’écriture cursive impose le temps long, transmet nos émotions où chaque mot trace un chemin de soi à soi.

C’est pourquoi écrire pour soi permet de s’émerveiller et de se reconstruire pour mieux élever notre humanité.

Écrire juste pour soi – Les mots prennent soin de nous

Régine Detambel

Éditions Actes Sud, 220 pages, 19,80 euros

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