Métallurgie : vers une meilleure inclusion des salariés handicapés

Un nouvel accord de branche précise les ambitions des entreprises métallurgiques en faveur du recrutement et du maintien en emploi des personnes en situation de handicap. Ce texte, que FO a voulu plus opérationnel que le précédent, mentionne notamment comme objectif l’emploi parmi les salariés de la métallurgie de 5% de personnes handicapées d’ici 2032.

Un pas de plus vers l’inclusion : la branche de la métallurgie s’est dotée d’un nouvel accord sur l’emploi des personnes en situation de handicap, signé notamment par FO. Le cadre définissant les rôles de chaque acteur et les objectifs du secteur avait en effet bien besoin d’être dépoussiéré : le précédent accord datait de 2013, et ne faisait guère que poser les bases sans ambitions nettes. FO a été clair dans ses demandes : on voulait un accord qui soit opérationnel et innovant, expose Géraldine Gomiz, secrétaire fédérale chez FO Métaux, en charge des questions de handicap. Nous voulions des engagements mesurables, des dispositifs directement mobilisables, et un suivi structuré des actions.

C’est chose faite dans ce nouvel accord de branche qui, au terme de négociations parfois épineuses, affiche notamment l’objectif de porter à 5% le taux d’emploi direct des personnes en situation de handicap à l’horizon 2032, contre 4,5% de taux affiché en 2024. Selon les représentants de la branche, plus de 66 000 personnes reconnues comme handicapées travaillent actuellement dans des entreprises métallurgiques.

Former les équipes pour trouver des solutions

Ces statistiques cachent des disparités importantes au sein de la branche. Si les grands groupes atteignent ou dépassent les 6% de salariés en situation de handicap – et respectent donc leurs obligations légales, sans quoi ils devraient s’acquitter d’une contribution annuelle –, les entreprises de 20 à 49 salariés sont en moyenne bien en-dessous de ces chiffres, à 3,6% actuellement. Les petites entreprises ne sont pas aussi structurées financièrement, n’ont pas de pôle spécial handicap ni de personne pouvant les aider sur ce sujet, explique Géraldine Gomiz. Face aux difficultés administratives liées à ces questions, de nombreuses entreprises baissent rapidement les bras. Il faut former nos équipes, le management, les patrons. Aujourd’hui, quel que soit le métier dans la métallurgie, on peut trouver des solutions.

Grâce à sa participation à un groupe de travail paritaire sur le handicap, FO a longuement préparé les négociations et a pu y être force de proposition. Parmi les avancées obtenues, Géraldine Gomiz cite le renforcement de l’accès à l’emploi avec le développement d’actions d’orientation vers les métiers industriels, l’amélioration des dispositifs de recrutement, et la promotion de l’alternance et des parcours d’insertion. Les rôles des référents handicap dans les entreprises (dont la présence n’est pas une obligation légale) sont mieux définis. Une attention particulière est portée aux salariés de 50 ans et plus, qui représentent 62% des personnes handicapées dans la branche. Le recours au télétravail est envisagé dès que possible. En outre, une réflexion sur la situation des proches-aidants va être lancée dans les mois à venir.

Des discriminations persistantes

Des actions de sensibilisation du patronat de la métallurgie sont par ailleurs prévues, afin d’informer sur les aides disponibles à l’emploi des personnes en situation de handicap, et de lutter contre la discrimination. Des remontées de terrain continuent d’alerter sur le fait que pas mal de patrons virent les gens au lieu de faire l’effort de trouver des postes adaptés, pointe Géraldine Gomiz. Sans même parler de grimper les échelons : Dans la métallurgie, on a déjà des problèmes d’évolution professionnelle pour tous les salariés, alors imaginez pour les personnes en situation de handicap.

La représentante se réjouit cependant de l’évolution de la branche sur les questions de handicap : L’accord n’est pas parfait, mais il lance le débat. Celui-ci est valable six ans, avec un bilan intermédiaire dans trois ans. Une journée de sensibilisation devrait également être organisée de façon paritaire au sein de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM, l’organisation patronale) afin de mettre en valeur les bonnes pratiques des entreprises « handi-accueillantes » et de faire prendre conscience aux employeurs que des solutions, souvent reproductibles, existent déjà.

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